Annobon 2028 (une relecture depuis la Guinée-Equatoriale et l’Afrique Centrale)
9 mars 2021

FAUT-IL RÉFORMER LES AUTORITÉS DE RÉGULATION FINANCIÈRE DE L’AFRIQUE CENTRALE ?

Chrislert Noël Notué

Revue internationale des services financiers / International Journal for Financial Services, 2020/4 – 22 février 2021

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Note de lecture par

  • Candace Nkoth Bisseck

MBA ESSEC

Directrice Générale, Innoa Consulting,

Empowerment | E-business | Entrepreneurship, www.candacenkoth.com/hello

  • Faustin Ekollo, docteur en droit

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On se précipite pour lire cet article au titre alléchant, sur un thème d’importance. Et l’étude est effectivement très intéressante, mais…

Un contenu très intéressant

L’auteur plaide pour un régulateur unique, après avoir montré les faiblesses intrinsèques et conjoncturelles du secteur financier en Afrique Centrale, avec un rappel de la question de la prévention des risques systémiques. Il indique cependant que les Etats ont réussi à mettre de l’ordre, ces dernières années, tout en soulignant la nécessité d’une réforme structurelle.

Cet article, très bien écrit, évoque à la fois les banques, la microfinance et des propositions sur une évolution du système de contrôle assurantielle CIMA-CRCA. Outre la France et l’Union européenne, il fait la revue de plusieurs régulateurs étrangers, y compris d’Haïti ou de Suisse, en n’oubliant pas de montrer la diversité des choix retenus. Ce point rappelle qu’il n’existe pas de solution unique ou facile.

Mais quid de l’actualisation ?

On regrettera néanmoins que l’auteur n’ait pas plus pris en considération l’évolution actuelle ainsi que ses impacts fondamentaux sur la finance et l’évolution de la régulation en Afrique Centrale. Dans l’article, la prise en compte des évolutions majeures actuelles se limite pratiquement à des remarques, certes bienvenues, sur le complexe Fintech-blockchain-bitcoin ou sur les difficultés des institutions de microfinance….

Cette limite aurait gagné à être compensée par des références bibliographiques plus récentes. En effet, malgré leur abondance (une centaine), peu de ces références sont postérieures à 2017 alors que de nombreux évènements fondamentaux plus récents, en Afrique Centrale ou à l’extérieur, auraient pu être pris en compte pour le sujet :

  • les désordres et polémiques autour d’une digitalisation accrue des opérations financières mettant en cause l’impréparation des régulateurs d’Afrique Centrale (et de l’Ouest),
  • l’avènement de la Nouvelle Route de la soie, qui a provoqué des ajustements importants, voire fondamentaux, dans les mécanismes de régulation financière en Angola, en Afrique du Sud, au Kenya, en Algérie au Maroc, en Ethiopie et en Egypte ; on n’en oublie certainement…
  • les polémiques et annonces politiques sur l’évolution du F CFA ;
  • les tentatives de (re)vitalisation de la vie boursière en Afrique centrale ;
  • Les difficultés du contrôle prudentiel de la BEAC en matière de commerce international, difficultés rendues publiques ces dernières années après les décrochages pétroliers ;
  • Les nombreuses malversations sur l’épargne publique en Afrique Centrale, impliquant occasionnellement des autorités publiques ;
  • Les modifications comptables récentes dans le cadre Ohada ;
  • La Revue stratégique de la Banque centrale européenne lancée en début 2020, par la BCE, pour essentiellement comprendre pourquoi il n’y a pas d’inflation malgré les masses d’argent successivement injectées par les banques centrales. Les résultats de cette revue et les conséquences qui en seront tirées concernent directement la future politique prudentielle des régulateurs financiers d’Afrique Centrale (et de l’Ouest).

Ce défaut d’actualisation donne l’impression d’un travail déconnecté du contexte actuel, impression accentuée par l’absence de références en anglais. L’auteur étant enseignant à Bamenda et la majeure partie des travaux sur ces thèmes étant en anglais (même si l’Afrique Centrale reste largement un réduit francophone), le résultat s’avère relativement décevant. Dommage.

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