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Fidel Castro et l’Afrique : une autre image

Faustin Ekollo,

Déc. 2016

Mise à jour, note[1]

Le décès de Fidel Castro fut l’occasion de milliers d’articles, dans la presse du monde entier. Nous avions pris l’habitude de proposer à nos lecteurs des commentaires d’extraits de Granma, l’organe officiel cubain, ou de sources étrangères évoquant Cuba ou Fidel Castro. L’éclairage disproportionné régulièrement consacré à Cuba et à Fidel Castro, même dans une revue de droit des affaires, renvoyait à l’embargo financier et économique américain contre la petite île voisine, avec des allures de David contre Goliath.

Mais ce que nombre d’africains retiendront de la vie de Fidel Castro ne se retrouve pas souvent dans les commentaires de la presse internationale. Bien sûr, comme tout le monde, les africains garderont en souvenir les circonstances de sa prise du pouvoir, y compris l’enlèvement du pilote automobile Fangio, au passage. La défense victorieuse contre le débarquement de la Baie des cochons, sponsorisé par la CIA, restera aussi un grand moment. Et nul ne peut oublier que Castro fut au centre de la crise international la plus grave après la deuxième guerre mondiale, l’affaire des missiles soviétiques à Cuba…

Pour les africains, le plus marquant dans la légende castriste, c’est avant tout le rôle des cubains, sous le leadership de Castro, dans la libération de l’Afrique australe et la fin de l’apartheid. En effet, l’épique intervention militaire cubaine en Angola et la relative victoire lors de la bataille de Cuito Cuanavale, en 1987-88 ont assuré l’échec de l’intervention en Angola de l’armée du régime d’apartheid sud africain. Cette victoire a directement accéléré l’indépendance de la Namibie et la libération de Nelson Mandela, comme ce dernier l’avait rappelé à Cuba, lors de sa première visite internationale après sa libération.

Fidel Castro avait évidemment ses excès : régime dictatorial, harcèlement des opposants, exécution du général Ochoa…

Mais les africains resteront essentiellement admiratifs devant une vie marquée d’un rare niveau d’exemplarité. A cet égard, il n’est pas indifférent d’insister sur ce que, années après années, les services secrets américains ont essayé de trouver la moindre trace d’avoirs appartenant à Fidel Castro hors de Cuba, en vain. De même, appliquant l’exemple de Fidel Castro, les dirigeants politiques cubains se soignent à Cuba, et non à l’étranger, contrairement à la quasi-totalité des dirigeants politiques et cadres africains[2]. Cela explique largement l’extraordinaire couverture sanitaire dont bénéficie ce petit pays.

Á la vérité, cette exemplarité n’était qu’une quête de ce que leader cubain considérait comme valeur absolue : la dignité. Cette quête qui fit très tôt de lui un héros pour nombre de noirs américains et d’africains passait parfois par l’inattendu ; ainsi, participant à sa première session à l’ONU, dans les années 1960, le leader cubain choisit de séjourner au Theresa Hotel, à Harlem, avec toute la délégation cubaine. Et ce n’est pas un hasard si des livres scolaires du monde hispanique reproduisent parfois des extraits de ses discours sur le thème de la dignité :

Et je suis sûr que si l’on demandait à nombre de gens humbles de ce pays en quoi sont-ils reconnaissants à la Révolution […], je suis sûr que nombre d’entre eux, peut-être l’immense majorité, répondrait : « Ce qui me rend le plus reconnaissant envers la Révolution, et ce pourquoi je suis disposé à mourir pour la Révolution, c’est qu’avec la Révolution, je me suis senti un être humain, j’ai eu une vie de dignité, j’ai acquis de l’importance parmi les miens, je suis devenu quelqu’un dans ma patrie, je me suis senti comme je ne m’étais jamais senti dans le passé (Fidel Castro, Plaza de la Revolución, 28 de Septiembre de 1966).

Y estoy seguro de que si a muchos hombres humildes de este país les preguntaran:  “¿Qué le agradeces más a la Revolución:  que pagues o no pagues la casa, que tengas o no tengas trabajo?; ¿qué le agradeces más a la Revolución:  si los bienes materiales que has recibido, o los bienes morales que has recibido?”, yo estoy seguro que muchos, tal vez la inmensa mayoría, diría:  “Lo que agradezco a la Revolución más y por lo que más estoy dispuesto a morir por la Revolución, es porque me he sentido ser humano con la Revolución, me he sentido un hombre con dignidad (APLAUSOS), me he sentido que soy algo en mi pueblo, que soy alguien en mi patria, me he sentido como no me sentí jamás en el pasado”  – Fidel Castro, Plaza de la Revolución, 28 de Septiembre de 1966…


  1. African politicians seeking medical help abroad is shameful, and harms health care
  2. Présidents africains, pourquoi ne restez-vous pas mourir au pays ?

 

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